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 ShanoaxDracula, V

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ShanoaOoE
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MessageSujet: ShanoaxDracula, V   Ven 10 Aoû - 14:22

V)

Shanoa sort de l’église. Un jeune homme est campé contre le muret face à elle. Il ne lui a pas laissé le temps de l’apercevoir au loin, si bien qu’il lui fait l’effet d’une apparition.

Les traits de l’homme appartiennent à une race d’une grâce oubliée. Tout son être semble effacé, comme éthéré, comme s’il était un fantôme. Ce n’est pas seulement sa présence furtive qui produit cet effet sur Shanoa. On le dirait immatériel.

Elle le reconnaît aussitôt. Ses bras se lovent sans qu’elle ne les meuvent autour de son cher Albus. Il lui semblait qu’elle ne le reverrait jamais.

« Je savais que tu reviendrais ! », clame t- elle, d’une voix qu’il ne lui connaît pas, joviale, optimiste. Il prend le temps de la détailler. Pour lui, elle n’a pas seulement grandi. Il lui semble qu’elle a pris de l’âge, puis que, fatalement, elle se soit retrouvée dans la peau d’une jeune femme. Il lit dans ses yeux une lassitude qui le peine. Sachant qu’il n’obtiendrait pas de réponse s’il lui demandait directement ce qu’il en est, il tente tout de même d’en apprendre plus :
« Shanoa », commence-t-il d’une voix douce. « Tu te souviens de Dracula, n’est-ce pas ? »
La jeune femme marque un temps d’arrêt.

« J’ai un des trois glyphes. J’ai l’impression qu’il n’a été mis là que depuis quelques années. Il me fait mal. »
C’est à Albus de marquer un mouvement de recul. Lorsqu’elle a prononcé cela : « Il me fait mal », une sorte d’énergie psychique s’est transmise entre la mémoire de Shanoa et celle d’Albus. Pour un bref instant, l’homme partage le souvenir de chaque instant où Dracula et Barlowe, lui ont effectivement fait mal. Il aurait préféré ne pas assister à ces scènes largement trop intimes surtout si elle ne dure que quelques secondes. Elles lui parurent encore plus intenses et cruelles. Pour ce qui est de son interrogation, il n’y a plus de doute.

Les choses se sont hélas passées comme l’Ordre de l’Ecclesia les avaient prévues. Rien n’indique alors que ce qu’il a à lui dire change quoi que ce soit au cours de l’histoire ou destin de Shanoa. Comme pour conjurer le sort, il reformule ce qu’il est venu lui annoncer. Cependant, après quelques secondes de silence, le jeune homme doit se rendre à l’évidence, il n’y a pas d’autre moyen que celui-ci.

Il entoure Shanoa d’un bras protecteur. Celle-ci ne comprend pas fondamentalement pourquoi il agit ainsi mais pense que c’est la joie partagée de leurs retrouvailles qui est en cause. Elle n’a, en effet, aucune mémoire de ce qu’Albus vient de voir par leur contact psychique. Dracula n’est pour elle qu’un ennemi sanguinaire, pourfendeur de ses ancêtres, sources de tous les maux des hommes, abandonnés de Dieu.

Après un long moment de marche où leurs pas croisent les roulements des pierres ocres éparses sur le chemin des oubliés, Shanoa se tourne vers son frère et lui demande, mettant un terme au silence :
« Pourquoi es-tu revenu ? »
Le jeune homme ne répond pas directement.

« Tu es fasse à un choix, ma chère sœur. Je dois te conduire devant le réceptacle d’où l’âme de Dracula s’est évaporée. Si tu souhaites l’affronter, ça ne sera que pour mieux le détruire. Je suis revenu d’entre les morts pour te dire que j’ai échoué dans ma tâche. Je n’ai pas réussi à te protéger. Nous n’avons pas beaucoup de temps. Je dois te donner le deuxième glyphe. Si tu refuses ta mission, je te reprendrais celui que tu possèdes et l’Ecclesia n’aura pas réussi à créer l’arme fatale qui aurait pu avoir raison de Dracula. »

Au moment où Albus termine sa phrase, il ne se rend compte que trop tard que sa rhétorique était terriblement orientée, et qu’il n’a rien trouvé de mieux que d’intimer un ordre déguisé à sa sœur. Celle-ci tique et le ressent. Elle lit derrière les yeux d’Albus un voile de tristesse.

Shanoa n’a pas besoin d’un dessin pour comprendre qu’elle n’a, en réalité, pas le choix. Elle ne peut qu’obtempérer. Elle veut tout de même pousser Albus dans ses retranchements. Aussi heureuse soit-elle de le revoir, elle doit se rendre à l’évidence. Ancien disciple de Barlowe, ce vieux clerc a bien fait de lui son sbire. Il n’y a pas d’issue. Celui qu’elle pense être Albus n’est peut-être en réalité qu’un autre type d’ennemi qui prendrait l’apparence de ceux qu’elle aime. Comment pourrait-elle vérifier que celui qui se tient devant lui est bien son frère ?

« Tu avais l’air troublé, lorsque tu m’as vue. Suis-je devenue si repoussante ? »

Albus aperçoit la pointe acérée du clocher de l’Ecclesia. Shanoa et lui pénètre dans l’église. La faible lueur du matin ne perce pas assez à travers les vitraux. Les deux jeunes gens semblent deux ombres graciles qui évoluent lentement vers la nef, comme s’ils faisaient partis d’un rituel secret. Le réceptacle brisé de l’âme de Dracula trône, artefact occulte, et contraste terriblement avec les objets religieux qui se trouvent là. Le calice doré posé sur l’autel n’a pas l’égal, en horreur, de l’étrange fond baptismal de marbre noir. Shanoa effleure la pierre polie nervurée. En dessous du rebord, elle croit voir un puit sans fond, mais dirait que des tourbillons de cendre semblent l’appeler. Albus, derrière elle, a posé une main sur son épaule.

« Es-tu prête ? »
Sans se retourner, sondant toujours cet abîme, métaphore de l’ampleur de sa mission, elle lui demande alors :
« Je n’ai jamais rien lu, dans notre fonds, sur l’emplacement du troisième glyphe. Saurais-tu où je pourrais le trouver ? »

Albus, acquiesçant à la réponse implicite de sa sœur projette un sort sur l’orgue qui les toise. Le glyphe renfermant [La Haine de Dominus] apparaît. Shanoa s’apprête à le recevoir, et au fur à mesure que le nouveau glyphe s’imprime dans son dos, Albus devient de plus en plus opaque. Bientôt, sa silhouette s’évapore dans le mince filet de vent enfermé dans l’église. Lorsque Shanoa se retourne, la tête embrumée par le pouvoir de ce terrible glyphe, elle réalise qu’elle est seule. « Albus est mort pour me permettre d’abattre Dracula ».
Alors qu’une pulsion destructrice monte en elle à cette pensée, elle suffoque et manque de ployer sous le coup invisible qu’elle vient de recevoir. C’est alors qu’elle comprend que toute pensée négative qui la traverse est décuplée tant qu’elle porte [La Haine de Dominus]. Stratège, elle sait que si jamais Dracula veut lui arracher ce glyphe, si toutefois elle venait à croiser son aura sinistre, ce dernier n’aurait qu’à faire monter en la jeune élue une colère sourde. Elle se demande cependant si, par cette méthode, il aurait la couardise de la tuer.

Perché dans sa tour imprenable, Dracula a eu un rictus de victoire lorsqu’il a ressenti la puissance du second glyphe passant à travers le corps de Shanoa. Suivant le fil de la pensée de la jeune paysanne, il caresse l’idée que faire périr une humaine par sa propre haine serait une fin juste.
Ne détestait-il pas l’humanité par son inclination à la colère irréfléchie et arbitraire ? Ne s’était-il pas, lui-même, retiré en cette forteresse pour échapper à la toxique humidité qui flottait dans l’air lorsqu’un humain faisait couler le sang d’un de ses semblables pour une querelle de propriété ou d’épouse infidèle entre cerfs ? Les actes vils des hommes repassent dans sa mémoire. Shanoa est effrontée, à ses yeux. Après tout ce qu’il a vécu, toutes les horreurs qu’il a provoqué ou essuyé, qui est t-elle pour croire qu’elle pourrait avoir raison de lui, elle qui ne sait même pas jouer de son charme pour le désarmer ? Il faut, décide t-il l’air grave, qu’il se débarrasse d’elle, sans passer par ses jeux risibles où il se croit maître. Il ne va plus avoir pitié pour elle. Elle ne va pas porter d’héritier, c’est le seul désagrément, pense t-il. Le Comte aurait apprécié jouer avec la progéniture femelle ou male de cette fille.

Ce n’est qu’une question de temps avant qu’elle n’accoure aux portes du château. Dracula descend vers la salle de théâtre ou Blackmore, dans un habit de scène violet et rouge, déclame des vers de Shakespeare.
Le loup qui lui fait ombre récite le dialogue ridicule entre Roméo et Juliette. Lorsqu’il aperçoit Dracula, celui-ci se prosterne. Gardant ses distances, l’ordre du Comte est sec :
« J’espère que tu sauras recevoir la Juliette que je t’envoie, sinon j’ai peur de devoir choisir le Marquis de Sade, pour ce combat. Fais qu’elle ne parvienne jamais jusqu’à moi. »

Là-dessus le seigneur des lieux se poste dans sa tourelle alors qu’il aperçoit déjà le somptueux oiseau noir qui vole dans sa direction, dirigé par le corps frêle et pur de celle dont il ne peut détourner les yeux.
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xesbeth
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MessageSujet: Re: ShanoaxDracula, V   Sam 11 Aoû - 0:17

Ah ça faisait longtemps ! Very Happy

Content de retrouver ta plume cheers

Je me demandais, si tu devais faire une autre histoire racontant les relations entre des personnages toujours issus de l'univers Castlevania, qui choisirais-tu ? Juste et Lydie ? Trevor et Sypha ? Soma et Mina ? Hector et Isaac ? Reinhardt et Rosa ? Autres ?
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MessageSujet: Re: ShanoaxDracula, V   Sam 11 Aoû - 16:01

Trevor et Sypha, je pense. Mais il faudrait faire des recherches dans le lore de Castle'.

J'ai commencé la suite. Very Happy
Merci pour tes commentaires, je ne peux nier qu'ils me font plaisir.
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MessageSujet: Re: ShanoaxDracula, V   Sam 11 Aoû - 17:16

V), II

Blackmore entend les gongs de la porte se soulever, et le sifflement du sceau pourpre qui se brise. Quelqu’un vient de rentrer dans son domaine. La pièce est éclairée par des milliers de bougies qui projettent une lueur d’une couleur chaude rose-orangée dans la grande salle de théâtre. Sur la scène, un homme vêtu d’un pourpoint violet et rouge semble se recueillir, tête basse, devant un cercueil blanc. Interdite, Shanoa s’approche, sur ses gardes. Au son de son pas alerte et décidé, l’homme se retourne. Elle ne l’a jamais vu, ni d’Eve, ni d’Adam. Il affiche un visage contrit et s’adresse à elle.
« Mademoiselle, venez-vous vous aussi vous prosterner dans le lieu du dernier repos du grand Albus ? »
Le pas de Shanoa se fait plus pressé, la poigne de sa main sur [Melio Secare] moins ferme. L’inconnu jette un regard à l’arme fièrement dressée et enjoint la jeune femme de s’en débarrasser. À ses mots, son arme se dématérialise, pour bientôt la quitter.

Méfiante, Shanoa lui ne le quitte pas des yeux alors qu’elle se trouve maintenant face au cercueil où le visage de son frère la fixe de ses orbites révulsées. La vision d’horreur tétanise la jeune femme. Elle balbutie :
« Que… pourquoi est-il ici ? Qui êtes-vous ? Le château semble vide ? »
Blackmore comprend par ses paroles que Dracula veut arriver à ses fins. S’il a fait évacuer tous les habitants de son château, démons cyclopes, squelettes magiciens et coffres à pièges, c’est pour que ce singulier acteur mette fin à ses jours de manière efficace et sans artifice. Cependant, ce dernier, friand des couardises, mensonges et manipulations voit dans cette entrevue une autre scène à jouer.
« J’ai eu toute la peine du monde à me débarrasser de la diva de marbre qui tient les lieux. Vraiment, quelle plaie que cette femme. Son chant, inspiré de celui des sirènes de l’Odyssée aurait pu avoir raison de moi. Elle gardait le cercueil mais je ne pouvais voir qui il contenait. Je suppose que vous le connaissiez, si vous êtes là, Mademoiselle ? »

L’élue ne peut détacher son regard de celui maintenant vitreux d’Albus. L’énergumène, comme surgit d’un spectacle de rue, murmure des « je comprends, je comprends », tout bas pendant qu’elle tente de comprendre comment le corps de son frère s’est retrouvé ici. Elle se souvient avoir lu qu’avant que Dracula n’érige son château, les soubassements du domaine avaient renfermé une crypte. Quiconque avait donc trouvé le corps– et encore, comment cela était-il possible ?– aurait préféré l’amener ici plutôt qu’au village ? Dracula l’avait-il mandé pour attiser le sentiment de deuil, puis de haine de la sœur du défunt ? Elle se retourne vers le pantin et lui demande alors :
« Est-il vrai que ce lieu, avant d’être au Comte était une sainte crypte ? La diva dont vous parlez vous a t-elle touché mot de la manière dont elle avait récupéré le corps ? »

L’homme semble soudain fixer Shanoa d’un regard ébahi. Son ombre grandit jusqu’à prendre la forme d’un loup derrière lui. Le dévoreur canidé de proies paraît s’incliner devant elle et siffle un son qui sort de la bouche du saltimbanque :
« Bravo, viva Mademoiselle ! », se moque-t-il ouvertement. « Vous avez un vrai talent d’actrice. Vous avez dépassé les espérances du fantôme de l’opéra que j’incarne en ma personne. Vous seriez un tel atout pour ma collection d’actrices. J’imagine justement une scène, dans une réecriture de la plus célèbre pièce de Shakespeare, où Roméo, accusant Juliette de sorcellerie qui aurait crée leur amour factice, cède à ses pulsions et tue sa chère amante. Qu’en dîtes-vous ? Ici seule la parole peut initier les joutes verbales d’un combat. Aucune autre arme n’est autorisée… »

Shanoa marque un temps d’arrêt. Par réflexe, elle tente de sonder en elle les palpitations des grands sorts qu’elle maîtrise. Les deux auras sinistres de [L’Agonie de Dominus] et celle de [La Haine de Dominus] sont largement plus imposantes et douloureuses que les autres. Pire, la jeune femme n’est pas loin de penser que ces sorts la vident de son énergie. Malgré ses efforts, elle ne parvient pas à invoquer la pluie acide d’un des deux sorts, qui l’aurait touché mais aurait également mis cet étrange pantin en déroute.

Elle devait cependant se rendre à l’évidence. Elle ne pouvait pas utiliser d’armes. Un combat rapproché était-il envisageable ? Ce fourbe semblait toujours faire usage de l’ombre de loup qu’il déployait. Se battre avec un animal sauvage de cette envergure était pure folie. Shanoa tente alors une approche plus directe :

« C’est ainsi mon ami, son charme elle ne connaît
Ni les trépidations qu’elle obtient en réponse
Leur tragédie n’est rien qu’une punition absconse
Et pourtant, Roméo, l’on retient leurs hauts faits. »

Shanoa, la mine grave, réalise qu’elle parle en réalité de sa relation avec le Comte plutôt que de celle des deux héros du prodige de Londres.
Blackmore fait une révérence brève, moqueuse. Il ne s’attendait pas à ce qu’elle soit douée.

« Vous avez, Mademoiselle, de l’esprit. Il est fort dommage que mon Maître m’ait mandé d’arrêter là vos rêves de grandeur. Au grand jamais vous ne l’atteindrez. »
Comme blessée dans son amour propre, la jeune élue pèse le poids de ses paroles à elle. Ce semblant de poésie, qui semble être sorti des tréfonds de son âme lui rappelle des souvenirs enfouis. Comme si on avait voulu les lui faire oublier. N’y tenant plus, sentant une colère sourde l’envahir du fait qu’on se soit joué d’elle, elle demande d’une voix qu’elle veut assurée mais qui a légèrement perdu de son panache :
« Que sauriez-vous me dire sur ce qui s’est passé entre votre maître et moi ? Eh quoi, il n’a pas le courage de venir m’affronter ? »
Blackmore, qui envisageait bien perdre contre la jeune femme, et n’ayant pas vraiment envie d’être forcé à la tuer car il imaginait d’autres projets avec elle, y vit là une opportunité pour qu’elle mette fin aux jours de Dracula et qu’il puisse, lui, maigre dramaturge, prendre la tête de son empire. C’est pourquoi il fit taire le loup qui le gouvernait et en appela à son esprit d’homme, puis proposa un marché à Shanoa en ces termes :
« Je peux vous livrer au Maître de ces lieux. Puisque tel est votre dessein de le rencontrer, je vous propose de vous faire mener jusqu’à lui. Adieu, Shanoa.

Aussitôt, trois anges archers se matérialisèrent. Deux d’entre eux prirent Shanoa par l’épaule, le troisième se tenait derrière elle. L’un deux lui murmura :
« Beaucoup de gens au château jasent sur votre petite épopée. Aussi, il est dans l’intérêt de tout un chacun que vous soyez conduite jusqu’à lui et qu’il vous fasse enfin remarquer que votre piètre ordre a fait la pire erreur en fondant ses espoirs en la personne de votre frère, puis en vous. Veuillez nous suivre. »

Dès que Shanoa est sortie de la crypte, ses pouvoirs reviennent à elle. Elle terrasse d’un jet de serpe ses trois compagnons d’infortune et peut déambuler dans les couloirs du château sans être importunée par la vermine habituelle. Elle repére grâce au don de l’œil furtif où se trouvent certaines victuailles et trésors cachés, si bien que lorsqu’elle arrive devant les lourdes portes conduisant à la salle du trône, elle est parée d’un équipement bien plus puissant que les guenilles prudes qu’on lui avait tendu à l’église.




Des ailes d’anges se déployent mécaniquement, cousues le long des épaules de Shanoa, recouvertes d’une exquise robe de soie rouge. D’élégant porte-jarretelles noir tiennent contre sa cuisse deux petits poignards acérés. Son corset saillant, également noir, souligne la beauté de sa gorge. Ses doigts fins sont magnifiés de l’anneau de la Mort.

Plus elle approchait, plus Dracula sentait sa colère et sa haine se décupler. Elle porte en elle deux des trois glyphes qui pourraient enfin lui donner le repos dont il s’est pris à rêver. Il lui manquait pourtant un élément essentiel pour que l’union des glyphes se fasse. Comment pouvait-elle ne penser à rien d’autre si ce n’est courir dans ses bras ? N’avait-il pourtant pas pris toutes les mesures nécessaires, en intimant un ordre à la succube de la débarrasser de tout ce qu’il lui avait fait ? Si donc elle en avait souvenance, n’allait-elle pas venir pour lui asséner la plus cruelle des morts, en rémission des tourments qu’il lui a fait subir ?

Perdu dans ses pensées, il s’admet quand même qu’il ne lui a pas fait grand chose et qu’il est bien trop bon avec elle. Stratégiquement, mettre fin à la ribambelle d’incapables qui se passaient l’idée de l’occire à chaque nouvelle génération était facile. Il fallait qu’il porte l’enfant de la jeune vierge, où qu’il s’assure que jamais elle ne porte d’héritier.

Le sadisme du seigneur des ténèbres lui donna raison. Il allait tout bonnement engager un combat endiablé avec sa petite paysanne, au cours duquel, scène finale de leur pathétique relation, il enquêterait pour savoir où est le troisième glyphe et voir comment elle porterait sa progéniture. Après quoi, ayant assuré sa descendance à lui, il la garderait docile dans une des geôles du château, s’asseyant sur des siècles de calme et d’apaisement.

À travers la porte, il observe la prestance que Shanoa avait. Elle semble mentalement se préparer à ce qui allait suivre. Dracula se léche les lèvres et, en grand seigneur, lui ouvre lui-même les portes du lieu de leur dernier combat. La jeune femme lisait déjà dans ses yeux une expression narcissique de victoire, comme s'il faisait entrer chez lui la statue de marbre blanc qu’il avait fait faire.

Shanoa, les lèvres pincées voulu porter un coup à Dracula. Au moment où elle charge, il lui prend le poignet et la maintient dans les airs, alors qu’elle s’épuise.
D’une main, il l’immobilise, avec le sourire le plus narquois qu’elle lui connait. De l’autre, il effleure le tissu qu’elle présente à ses yeux.

« Tu pourrais venir avec beaucoup moins d’attraits que ça. On dirait que tu trouves amusant que je les déchire à chacune de nos entrevues. », déclare t-il, cynique.

Mentalement, il referme alors les lourdes portes sur Shanoa qui se tient si près de lui, engagée dans un combat futile où il ne la domine que d’une main…
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MessageSujet: Re: ShanoaxDracula, V   Dim 12 Aoû - 12:01

Trevor et Sypha, un grand classique ! Je pense que tu es en mesure de rédiger une histoire bien sympathique sur ce fameux couple Smile Par rapport au lore n'hésite pas à reprendre l'histoire de Sonia, mère de Trevor, qui a été ostracisée par la populace qu'elle a sauvé du désastre. Sans forcément entrer dans les détails sur qui est le père de Trevor (ça parle d'Alucard mais à mon avis ça me semble être un peu trop simple, Trevor n'est pas allergique au soleil par exemple). Donc Trevor le banni qui doit prouver sa valeur afin de retourner parmi les siens, mais comment accorder le pardon à ces personnes qui ont ruiné la vie de sa mère ? Et puis qui est cette charmante personne pétrifiée dans cette plaine maudite ? Quand soudain un cyclope...A suivre Wink

J'aurais pu ajouter Leon et Sara, aka les pseudo-origines de Castlevania, mais quand on regarde comment s'est terminé leur relation on va éviter Laughing A moins de tourner ça en tragi-comédie, parce que fouetter sa meuf à mort pour la libérer d'une malédiction....voila quoi (il faut s'appeler IGA pour pondre un truc pareil).

En tout cas continue de faire vivre ce forum grâce à tes histoires Very Happy

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MessageSujet: Re: ShanoaxDracula, V   

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